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BOT20170401

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Sortie Botanique du 01 Avril 2017

Journal de la sortie du 01 Avril 2017

Thème

Flore printanière

Organisateur

Agnès GRESET

Lieu

Pelouse de la Miotte à BELFORT

Nombre de participants

6

Commentaires et photos d'Agnès GRESET

A la découverte de fleurs blanches, mauves, violacées, pourpres, jaunes et verdâtres, avant qu’elles ne disparaissent !

Les fleurs blanches de l’anémone sylvie ou anémone des bois (anemone nemorosa), formant des tapis denses dans le sous-bois et toutes orientées dans le même sens, pivotent lentement d’un même ensemble en suivant la course du soleil. Le soir ou quand le ciel devient gris, elles se referment et baissent la tête. L’ail des ours qui sort de son hibernation fait apparaitre ses feuilles en rangs serrés au bord du sentier. Les fleurs qui ressemblent à des étoiles blanches seront pour plus tard... Mais d’étranges inflorescences blanches ou rosées, dressées ou couchées, isolées ou groupées s’épanouissent dans ce milieu qui réunit toutes les conditions nécessaires à leur développement : milieu frais, forêt de feuillus orientée au nord et sol calcaire. Ces fleurs tournées du même côté et inclinées en grappes, avec un calice velu, appartiennent à la lathrée écailleuse(lathraea squamaria), encore appelée clandestine écailleuse. Cette plante tient son nom du grec lathraïos : caché, allusion à sa tige presque entièrement souterraine : un rhizome qui peut peser jusqu’à 5kg, blanc et couvert d’écailles charnues (feuilles transformées). Cette plante sans chlorophylle doit extraire, à l’aide de suçoirs, sa nourriture des racines de ses arbres-hôtes : le noisetier, l’aulne, le lierre... C’est donc une plante parasite, mais comme elle fleurit et fructifie lors de la montée de la sève au printemps, les hôtes ne souffrent que très peu de cette intrusion. Ses fleurs deviennent vite des fruits : des capsules contenant de nombreuses petites graines disséminées par les fourmis. « Pour vivre heureux, vivons cachés » : la clandestine adoptant parfois cet adage, peut fleurir et produire ses graines sous le sol. Cette plante étrange et étonnante fait partie de la famille des orobanches. Une autre plante, non moins curieuse, se plaît dans les sous-bois de la Miotte au sol calcaire : la parisette(Paris quadrifolia) de la famille des liliacées. Nommée également « herbe à Pâris », la parisette serait dédiée au célèbre troyen : Pâris, qui devait donner la « pomme d’or » à la plus belle des trois déesses, Héra, Athéna et Aphrodite. Pâris choisit Aphrodite qui lui avait promis l’amour d’Hélène. Pâris enleva Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte, ce qui eût pour conséquence le déclenchement de la guerre de Troie. L’unique baie d’un noir-bleuté de la parisette serait la fameuse « pomme d’or » ou « pomme de la discorde » qui rendit jalouses Héra et Athéna, devenues dès lors les ennemies de Pâris. Cette baie vient de sa fleur unique en forme d’étoile verdâtre qui s’épanouit à l’extrémité d’un long pédoncule. La fleur est bâtie sur le type quatre : quatre sépales lancéolés verdâtres formant le calice et quatre pétales linéaires formant la corolle, huit étamines et un pistil surmonté de 4 styles. Il deviendra le fruit : une baie formée de 4 loges contenant chacune 2 graines. On doit à ce fruit toxique d’autres appellations, telles que « Raisin de renard », Etrangle-loup », « Morelle à 4 feuilles ». Les baies étaient jadis mêlées à des appâts empoisonnés destinés à tuer les renards. Au moyen-âge, les gens accrochaient une baie à leurs vêtements, celle-ci était censée combattre les envoûtements et les épidémies de peste. Ses feuilles sont généralement au nombre de 4, mais parfois 3 ou 5, groupées en verticille sur la tige.
Plutôt envahissante la mercuriale vivace dont le nom ferait référence à Mercure qui découvrit les propriétés médicinales des mercuriales! Cette euphorbiacée n’a pas de latex. C’est une plante dioïque : pieds mâles et pieds femelles sont séparés. Les pieds mâles possèdent des grappes de petites fleurs vert-jaune en épi comportant les étamines et les pieds femelles ont des petites fleurs à pistil. L’euphorbe des bois(euphorbia amygdaloïdes), quant à elle, laisse écouler un latex blanc à la cassure. L’arum tacheté montre ses grosses feuilles en forme de flèches, dites sagittées, mais ne dévoile pas encore son inflorescence. La tige arquée du sceau de Salomon (polygonatum odoratum) porte à l’aisselle de ses feuilles de petites fleurs blanches tubulaires. Cette tige, une fois fanée, laisse sur le rhizome une cicatrice dont l’aspect évoque un sceau attribué à celui du roi Salomon ! Les fleurs jaunes en forme d’étoiles de la ficaire fausse renoncule sont portées par de longs pédoncules. A la base des feuilles, des bulbilles pourront se détacher et assurer la multiplication de la plante. Une autre fausse renoncule de couleur jaune, mais celle-ci est une anémone : l’anémone fausse renoncule (anemone ranunculoïdes) porte une fleur au sommet de la tige au dessus du verticille* des feuilles. La primevère élevée (primula elatior), le coucou des bois, dresse ses ombelles de fleurs jaunes au bout d’une longue tige. A l’intérieur de la corolle, une tache orangée guide les insectes vers son centre. Des fleurs roses, mauves, violettes, bleues sont aussi présentes dans la forêt de la Miotte : la violette des bois, (viola reichenbachiana) connue de tous, la pulmonaire, (pulmonaria officinalis) dont les fleurs semblables à celles des primevères ont une couleur qui change du rouge au bleu-violet. Elle était censée guérir de la tuberculeuse (ses feuilles parfois tachetées de blanc évoquant l’aspect des poumons atteints par cette maladie). C’est un exemple de « la théorie des signatures » appliquée à certaines plantes pour lesquelles on attribuait des vertus guérissantes du fait de leur forme ou de leur aspect ressemblant à un organe du corps humain. C’est le cas de l’hépatique trilobée (hepatica nobilis), de la famille des renonculacées, dont les feuilles divisées en 3 lobes, rappelant les lobes du foie, étaient utilisées pour soigner les affections de cet organe. Les fleurs solitaires n’ont pas de pétales mais des sépales d’une belle couleur bleue qui attirent les insectes (sépales pétaloïdes). Les étamines forment une couronne blanche. Le soir et par temps pluvieux, les fleurs s’inclinent et se referment. Pendant les 8 jours que dure la floraison, les sépales doublent de longueur. Les graines seront disséminées par les fourmis. La scille à deux feuilles (scillia bifolia) est une petite plante bulbeuse qui porte ses jolies fleurs bleues en forme d’étoile à 6 branches au bout d’un long pédoncule. Ses 2 feuilles en « V » se terminent par un petit capuchon (feuilles cucullées). En mai, tout aura disparu. Il ne restera que le bulbe. En longeant le sentier de la crête de la Miotte, près des fouilles archéologiques sur le site d’un village fortifié néolithique au lieu-dit « le Bramont », un tapis de corydales à l’odeur subtile recouvre le sol de ses fleurs roses, mauves, parfois pourpres ou blanches.